

Colisée – Le murs interactif
Un mur pour lancer la conversation
Dans une résidence seniors ou un EHPAD, on peint, on lit, on discute. Les ateliers sont nombreux, souvent riches, et leurs résultats finissent trop souvent punaisés sur un panneau de liège, entre le menu de la semaine et le planning des animations. Pour le groupe Colisée, nous avons imaginé un autre destin pour ces travaux : un mur qui les expose, les commente et en fait un sujet de conversation.
Le contexte & l’enjeu
Le point de départ est simple. Chaque établissement propose des activités artistiques, intellectuelles ou manuelles, et ce que les résidents y produisent mérite d’être montré. Mais le montrer sans précaution, c’est risquer de transformer le couloir en couloir d’école maternelle. Exactement ce que nous voulions éviter.
Notre objectif allait d’ailleurs au-delà de l’exposition. Nous voulions un mur qui fasse parler : les résidents entre eux, les résidents avec les équipes, les résidents avec leurs familles. Un mur qui crée du lien et qui implique chacun dans la vie de l’établissement, au lieu de le regarder passer.
Il fallait aussi composer avec une réalité de groupe : un même concept devait pouvoir vivre aussi bien dans une résidence seniors que dans un EHPAD, auprès de publics plus ou moins autonomes, et s’adapter aux projets propres à chaque équipe.
Le concept
Nous avons conçu un mur magnétique, dont la couleur s’adapte à chaque établissement. Il se compose de trois parties, consacrées à trois activités que l’on retrouve dans la plupart des maisons du groupe : les arts plastiques, le club de lecture et les ateliers de philosophie et de discussion.
Ces trois parties forment un tout, mais chacune peut aussi exister seule. Un établissement peut donc choisir les trois, deux ou une seule, et les installer sur un même mur ou sur trois murs distincts.
Surtout, le mur n’est jamais terminé. Nous en dessinons le décor et le cadre, les équipes et les résidents le remplissent, le font évoluer et se l’approprient. Il ressemblera à chaque établissement parce que ce sont eux qui le composent.
Le coin des artistes
Le premier coin met en valeur les ateliers d’arts plastiques. Nous l’avons imaginé à la façon d’un cabinet de curiosités plutôt que d’un panneau d’affichage.
Quelques éléments sont dessinés directement sur le mur : une tête de cerf, une cage à oiseaux, des hirondelles. Ils peuvent aussi être réalisés en volume selon l’effet recherché. Autour d’eux, les équipes composent librement leur exposition. Elles disposent pour cela d’une vingtaine de cadres magnétiques, tous différents, fabriqués sur mesure en PVC ou en bois très léger, plats et peints dans la couleur du choix de l’établissement. Ils donnent l’impression d’avoir été peints à la main sur le mur, dans un esprit vintage, un peu de bric et de broc. Des étagères magnétiques accueillent les œuvres en volume.
Un encart permet au responsable de l’atelier d’expliquer la démarche : le thème du mois, la technique travaillée, l’artiste dont on s’est inspiré. Et chacun peut donner son avis grâce à des pastilles magnétiques de couleur, dont la signification est fixée par l’équipe : l’œuvre la plus originale, la plus émouvante, la plus inspirée…

Le coin des lecteurs
Le deuxième coin est une bibliothèque, dessinée directement sur le mur. Au milieu de ces étagères en trompe-l’œil, de vraies étagères accueillent les coups de cœur du club de lecture, ou de tout résident qui souhaite partager les siens : romans, bandes dessinées, essais.
Chaque livre est accompagné d’un petit mot qui explique pourquoi il a été choisi. Là encore, des pastilles de couleur permettent de réagir : vert pour « je l’ai lu et j’ai adoré », jaune pour « cette recommandation m’a donné envie de le lire », et rouge pour « je l’ai lu et je n’ai pas aimé ». Le droit de ne pas aimer un livre est rarement prévu par les murs. Il nous semblait pourtant indispensable à une vraie conversation.

Le coin des philosophes
Le troisième coin est le plus simple et peut-être le plus ambitieux : il ne montre rien, il pose une question.
Dans les résidences seniors, une nouvelle question est affichée chaque semaine (« Qu’est-ce qu’un véritable ami ? »), et chacun y répond à l’aide de lettres et de chiffres magnétiques mis à disposition sur le mur. Les réponses s’accumulent, se répondent, et le mur devient le prolongement de l’atelier de philosophie.
Dans les EHPAD, le concept se simplifie, sur le modèle des « Happiness Walls » : une question accessible (« Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? », « Qu’est-ce qui illumine vos journées ? »), à laquelle on répond en plaçant une pastille de couleur dans la bonne colonne, ou en écrivant sa réponse sur une carte que l’on fixe au mur avec un aimant.

Un mur, plusieurs vies
C’est sans doute ce qui nous plaît le plus dans ce projet : nous avons dessiné un cadre, pas un contenu. Le même mur ne racontera pas la même chose à Dijon ou à Champigny, en mars ou en octobre, dans une résidence seniors ou dans un EHPAD. Il dépendra des ateliers, des livres lus, des questions posées et de ceux qui y répondent.
Ce concept a depuis trouvé sa place dans le catalogue de murs que nous avons conçu pour le groupe : chaque étage y dispose de son coin, installé dans le salon commun.
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